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17 oct. 2014

Le zouave Baptiste DESCHAMPS

Pour faire écho à l'émission "Quand la Grande Guerre rend fou" tiré de l'excellent livre de Jean-Yves Le Naour : Les soldats de la honte, un petit focus sur Baptiste DESCHAMPS, né à Smarves en 1881 :

  

Son registre matricule (avec une erreur sur la commune de naissance), nous apprend qu'il était domestique à Smarves lors de ses classes militaires en 1901 :
 

On peut lire qu'il a été condamné le 03 aout 1916 pour "voies de fait envers un supérieur" :


Son registre matricule nous apprend qu'il a vécu à Salles-en-Toulon (ou il s'est marié), mais aussi à Tercé, ma commune d'enfance :


Son registre nous apprend aussi qu'effectivement, suite à une chute en septembre 1914, il aurait dû être réformé, mais que cette pension pour "impotence presqu'absolue des membres inférieurs" ne lui sera attribuée qu'en 1926.




L'affaire de ce zouave est considéré comme "l'affaire Dreyfus de la médecine militaire" puisque ce soldat a réfusé de se faire "torpiller" par le docteur VINCENT. Le torpillage était le nom donné par les poilus à la dernière "mode" médical d'utiliser les chocs électriques pour que la douleur physique reprenne le dessus sur la douleur psychologique. Méthode très contestable qui permettait aussi de faire la chasse à d'éventuels simulateurs.
Mais à l'époque, la psychanalyse, la psychologie et tout ce qui touche à la santé mentale était porté par un certain Sigmund Freud, autrichien de naissance, forcément à l'époque en France, son message n'avait pas beaucoup d'impact.
Cette affaire ayant fait grand bruit à travers la France, on en retrouve des témoignages dans la presse internationale (vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir) :

Journal Le FIGARO - Août 1916 (source Gallica - BNF)










Journal L'Humanité - août 1916




Et bien sur dans la presse locale, comme ces articles dans le journal "La Semaine" (source : Archives départemantales de la Vienne) : 
















Rappelons aussi qu'en cette période de guerre, la presse est sous le régime de la censure, et qu'à mon avis, les articles ont été "vérifié" avant leurs publications

Baptiste DESCHAMPS décédera à Saint-Martin-La-Rivière en 1953 à l'âge de 72 ans.

4 commentaires:

  1. Le documentaire m'a fortement marqué, et vous avez brillamment réussi à le prolonger avec ces documents très intéressants, donc : merci beaucoup !
    (attention : plus que 2 jours pour le voir en replay)

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  2. Je l'avais jamais vu ton article, je bosse sur ce poilu en ce moment, beau boulot Fred !!

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